L'épée
de Damoclès de la maladie
Le 29 mars 2007.
Cet article est destiné à la fois à me
confier, bien que je pense être suffisament fort face
à ce qui m'arrive, mais aussi à favoriser la
réflexion chez les autres, notamment en terme de
relativisation des problèmes quotidiens qui sont souvent
bien moins graves que ce que l'on veut bien croire. D'ailleurs,
cela est ausssi valable pour moi car il y a des gens bien plus
malheureux que moi.
En 2003, j'ai été opéré à
cerveau ouvert, d'un craniopharyngiome, une tumeur dite
bégnigne mais au conséquences qui ne le sont pas
forcément. Il est situé entre les 2 yeux, au beau
milieu du crâne.
Après un coma de 4 jours, j'ai du réapprendre
à marcher durant plusieurs années. J'ai aussi perdu
la vue sur l'oeil droit, et en partie sur l'oeil gauche. Souvent,
je vois trouble quand je suis fatigué. Je suis aussi
obligé de prendre à vie 3 hormones, dont une qui doit
être conservée au froid, ce qui ne facilite pas mes
déplacements. Par ailleurs, je suis désormais
épileptique et j'ai perdu de 60 à 80% de ma masse
osseuse. J'ai souvent des nausées, vertiges,
malaises...
Mais au moins, j'avais toute la vie devant moi (je suis né
le 20 janvier 1970). Et il y a toujours pire que soi.
Malheureusement, fin 2006, un IRM de contrôle a montré
une récidive de ce craniopharyngiome. Je viens de finir une
radiothérapie que l'on ne pourra pas me refaire.
Si la bestiole continue à croître, je risque de perdre
la vue sur mon dernier oeil, voire la vie. D'autant plus qu'on ne
pourra me refaire de radiothérapie et que refaire
l'opération à cerveau ouvert est assez risqué
selon le chirurgien lui-même. Sans compter que rien
n'empêche que la récidive se reproduise tous les ans
ou tous les 3 ans par exemple, comme c'est le cas aujourd'hui. Et
on ne pourra bien sûr pas refaire cette opération 36
fois.
Pour l'instant, j'attends le prochain IRM de contrôle en juin
en espérant que la bestiole soit détruite. Sinon, le
premier symptome sera la perte de la vue sur mon dernier
oeil.
Bizzarement, à part 3 ou 4 jours au fond des chaussettes
durant ces deniers mois, j'arrive à faire face et même
à refaire des projets. Bref, à voir le verre à
moitié plein plutôt qu'à moitié vide.
Cette nouvelle relativisation, entamée en 2003, des
petits tracas de la vie qui m'apparaissaient hier énormes,
induit chez moi une nouvelle réflexion sur la vie et mes
priorités. Bref, je me concentre encore plus sur ce que je
veux vraiment faire de beau dans ma vie, indépendamment des
pressions de la société de de son entourage, qui
n'aident souvent pas à être soi-même.
Je suis tout de même surpris par ma capacité à
faire face à ce mur virtuel qui fait que je peux devenir
aveugle voire ne plus être là, dans les semaines ou
mois à venir.
Si la plupart des gens avaient cette vision de la vie, peut
être que l'on s'embêterait moins avec des
problèmes ridicules et qu'il y aurait moins de souffrance.
Mais comme on fait son lit, on se couche.
JUIN 2007 - BONNE NOUVELLE : diminution de la tumeur !
Le récent IRM montre que le craniopharyngiome qui
mesurait 2.5cmx2.5cm environ s'est décomposé en 3
"boules" de 4mm , 3.5mm et 3 mm. J'ai bon espoir qu'il puisse
encore diminuer à l'avenir même si il vaut mieux
rester prudent car le risque de récidive reste entier. Mais
l'horizon se dégage un peu devant moi 



paradize
jeu 15 nov 2007 14:09